Orgueil et Préjugé (Pride and Prejudice), roman satirique de Jane Austen (1813)

Vous connaissez obligatoirement de nom cette oeuvre culte de Jane Austen, qui a été décliné en de nombreux films et séries, et même d’une réécriture avec… des zombies ! Pourtant, l’intrigue est très simple :

Résumé : Elizabeth se marie.

Pride and Prejudice (Orgueil et Préjugé), roman satirique de Jane Austen, 1813.
NB : Ecouté en anglais sous forme d’audiobook ici. La lecture d’Elizabeth Klett est vraiment très agréable, et plonge parfaitement dans l’ambiance en donnant une voix à chaque personnage.

Je m’attendais à une romance au court de laquelle les personnages prennent conscience que les apparences sont trompeuses. Je me suis retrouvée prise dans une satire ciselée de la société bienpensante du XIXème, où les commérages vont bon train et où décidément, les gens sont insupportables.

Déjà, tout tourne autour du mariage, pas de l’amour (sauf si apprécier quelqu’un qu’on a vu deux fois compte comme de l’amour). Ensuite, les personnages se jugent sur leurs apparences et les on-dit, si bien qu’en plus de ne pas connaître son potentiel épousé plus que le facteur du voisin, on ne sait de lui que ce qu’une bande de tête de linotte a décidé de nous dire. Bref : le mariage “d’amour” au XIXème siècle, c’était vraiment du grand n’importe quoi.

L’héroïne n’est pas particulièrement… quoi que ce soit, ce qui permet de s’identifier à elle (heureusement qu’elle est plutôt maligne). Par opposition, M. Darcy, qui décide que finalement elle lui plaît bien et qu’il aimerait coucher avec l’épouser, se montre d’abord grossier et antipathique. Autant dire que s’il n’avait pas fait d’efforts pour se remettre dans les petits papiers de la demoiselle (et du lecteur), il aurait surtout mérité un bon coup de pied au derche.

Si l’on veut parler d’amour ici, alors parlons surtout de fin’amor, car Darcy doit faire la court à Elizabeth pour se faire pardonner de son comportement de malpoli et faire ses preuves pour lui montrer qu’il peut aussi être quelqu’un d’honnête. Enfin, s’il avait été courtois à la base, ils se seraient épousés tout de suite et voilà.

Je dirais donc que ce roman sarcastique vit essentiellement grâce à la plume de Jane Austen, car ce sont ses tournures de phrases ironiques ou à demi mots qui donnent à l’intrigue sa profondeur et son intérêt. Sans cette critique, l’histoire aurait été bien plate… et je suppose que c’est le principe même de cette oeuvre.

*

Conclusion : A ne pas lire comme une histoire d’amour, mais comme une satire subtile et incisive de la société et du mariage au XIXème. Un régal pour ceux qui sauront lire entre les lignes, une romance pour les autres.

Cette jeune dame a, pour décrire les complications, les sentiments et les caractères de la vie commune, un talent qui, à mon goût, est le plus admirable que j’ai rencontré. Car le style à grand fracas, j’y réussis moi-même aussi bien que quiconque, mais cette touche exquise qui rend intéressantes des choses et des personnes quelconques ou triviales par la seule vérité de la description et du sentiment m’est refusé.

Sir Walter Scott à propos de Jane Austen.

Pride and Prejudice and Zombies
By the by : il se passe des choses étranges dans le milieu des parodies.

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