Les super héros de comics, les pictogrammes, Freud et la religion

Comme la plupart des êtres humains, j’adore avoir raison, et par conséquent, j’apprécie grandement que d’autres êtres humains soient de mon avis. Du coup, lorsque j’ai découvert l’article rédigé par Tom Hiddleston à propos des super-héros, j’ai été doublement réjouie : d’abord parce que cela confirme mes soupçons selon lesquels cet acteur est un adorable intellectuel, et ensuite, parce qu’il porte de l’eau au moulin de ma théorie sur les super-héros de comics : ce sont des pictogrammes.

Super Héros Pictogrammes Freud

Bon, évidemment, si vous lisez son article (rapporté ci-après), vous vous rendrez bien compte que Mr. Hiddleston ne mentionne pas à proprement parler de pictogrammes. La partie de son discours qui nous (moi) intéresse ici est surtout la suivante : “The Hulk is the perfect metaphor for our fear of anger; its destructive consequences, its consuming fire. There’s not a soul on this earth who hasn’t wanted to “Hulk smash” something in their lives. And when the heat of rage cools, all that we are left with is shame and regret. Bruce Banner, the Hulk’s humble alter ego, is as appalled by his anger as we are. That other superhero Bruce – Wayne – is the superhero-Hamlet: a brooding soul, misunderstood, alone, for ever condemned to avenge the unjust murder of his parents. Captain America is a poster boy for martial heroism in military combat: the natural leader, the war hero. Spider-Man is the eternal adolescent – Peter Parker’s arachnid counterpart is an embodiment of his best-kept secret – his independent thought and power.

Pour ceux qui seraient fâchés avec Shakespeare (ou avec l’anglais), voici en gros ce qu’il faut retenir de ce paragraphe : les super-héros sont des métaphores, et symbolisent tous une facette de l’âme humaine : The Hulk représente le monstre en nous, celui qui aimerait laisser libre court à sa colère pour détruire les obstacles ; Captain America est l’épitome du héros altruisme ; Spider-Man l’éternel adolescent… Je vous avoue qu’en lisant cela, je me suis sentie très satisfaite de moi-même, parce que c’est à peu près ce que j’avais dit à une amie il y a des mois de cela, lorsque nous revenions à bicyclette du cinéma italien où nous venions de voir The Avengers (et où j’avais lamentablement manqué de tomber dans les pommes. A ce souvenir, j’ai grand besoin de me sentir satisfaite de moi-même).

Pour moi, les super-héros ont un côté très simpliste, parce qu’ils semblent, au premier abord, représenter un unique aspect, ou plutôt désir, humain. Superman est le parfait exutoire pour tous ceux qu’on ne remarque pas, ou à peine, dans leur vie quotidienne : ils pourraient être un homme extraordinaire, bon sang ! Ils mériteraient plus d’attention ! Du même genre, mais plus hulkesque et mégalomane, Thor est le leader par excellence, le mâle alpha loyal bien inséré dans une société patriarcale, terrifiant à souhait quand il le souhaite, la parfaite brute de guerre à laquelle on obéît sans sourciller (à moins, bien sûr, de vouloir se prendre un coup de marteau). Tony Stark est l’accomplissement du cliché de l’homme viril et admirable : playboy charmant, riche, génial, très drôle, et boute-en-train, il est cependant vulnérable comme un enfant qui a besoin de son armure en titanium lourd pour survivre, et aimé comme tel par une mère -femme, pardon- dévouée et attentionnée ; un vrai fantasme sur pattes.

Les super-héros ont cela en commun qu’ils sont “super”, et que leurs lecteurs (et maintenant spectateurs) aimeraient leur ressembler. Mais ces pictogrammes geeks ont généralement une autre dimension. Superman est à la fois l’homme le plus admiré, et le plus délaissé. Hulk oscille entre le Jenkins courtois et le Hyde sauvage. Captain América est porteur de valeurs obsolètes. Stark est un enfant en mal d’adolescence. Thor n’est pas humain -au sens propre- et est d’ailleurs puni pour cela, scindé en deux personnalité, l’une humaine, Donald Blake, l’autre divine et sacrément caractérielle. Black Window est au sens propre un agent double. Catwoman hésite entre l’indépendance féline et la docilité. Sif est une guerrière belliqueuse et une amante raisonnable… Je ne parle pas trop de Batman parce qu’il m’énerve : jouer les super-héros dépressifs pour une cause qu’on sait pertinemment perdue d’avance ne me semble pas bon pour la santé.

Les super-héros sont porteurs de valeurs et de symboles simples, faciles à identifier ; et surtout, ils sont humains (plus ou moins) : leur “super”iorité est ce petit plus qui nous manque, à nous simples “normaux”, pour devenir extraordinaires. Pour ma part, il me semble plus sain et raisonnable de se tourner vers ces représentations freudiennes et thérapeutiques que vers l’adoration religieuse. Dans un cas, on accepte ses propres faiblesses par le biais de personnages fictifs, on apprend de leurs échecs et on tente de se construire en suivant ou pas leur exemple : la catharsis n’est pas particulièrement dangereuse. Dans l’autre cas, on doit croire a des possibilités idéales, à des êtres incompréhensibles ou relativement tyranniques (selon l’Eglise qui en parle) qui aident moins à s’accepter qu’à imposer des changements souvent irréalistes à notre nature.

Les comics et leurs simili-dieux montrent les hommes tels qu’ils sont : idiots, cruels, emportés, violents, malhonnêtes, cyniques… et tels qu’ils peuvent être : brillants, généreux, raisonnables, doux, loyaux, pleins d’humour et de joie de vivre ! Les religions (souvent) imposent une ligne de conduite sans prendre en compte les réalités humaines. Si je me permets de faire une comparaison entre les super-héros et les dieux, c’est parce qu’en étudiant la civilisation des vikings, j’ai appris qu’on ne savait pas si ces derniers considéraient vraiment leur panthéon comme des dieux -dangereux et bien réels- ou un peu comme des héros de comics -l’exemple admirable de vieux amis qu’on cite et moque autour du feu.

Après tout, si la religion est née d’histoires ancestrales, de récits héroïques ou fondateurs, des pictogrammes qu’on voit tracés au pigment sur les murs des grottes -pourquoi les héros de comics, quelque douteux que soient leurs goûts vestimentaires, ne seraient-ils pas une source tout aussi valable d’humanité et d’enseignement ?

Superheroes movies like Avengers Assemble should not be scorned, article rédigé par l’acteur Tom Hiddleston (Loki), publié dans The Guardian.

Tom Hiddleston as Loki in Avengers Assemble. Photograph: Zade Rosenthal

“Earlier this year, beneath the wind-whipped tarpaulin of a catering tent in Gloucester, I was working on a film with the actor Malcolm Sinclair. Over scrambled eggs at an ungodly hour, he told me something I had not previously known: when Christopher Reeve was young, barely out of Juilliard, he was roundly mocked by his peers on Broadway for accepting the role of Superman. It was considered an ignoble thing for a classical actor to do.

I grew up watching Superman. As a child, when I first learned to dive into a swimming pool, I wasn’t diving, I was flying, like Superman. I used to dream of rescuing a girl I had a crush on (my Lois Lane) from a playground bully (General Zod). Reeve, to my mind, was the first real superhero.

Since then some of the greatest actors have turned superheroes into a serious business: Michael Keaton and Jack Nicholson in Batman; Ian McKellen and Patrick Stewart, the first venerable knights of the X-Men, who have now passed the baton to Michael Fassbender and James McAvoy. In spite of 20 years of mercurial work in the likes of Chaplin and Kiss Kiss Bang Bang, it was his rock-star-charismatic yet somehow humble Tony Stark in Iron Man that helped wider audiences finally embrace the enormous talent of Robert Downey Jr. And Heath Ledger‘s performance in The Dark Knight quite simply changed the game. He raised the bar not just for actors in superhero films, but young actors everywhere; for me. His performance was dark, anarchic, dizzying, free, and totally, thrillingly, dangerous.

Actors in any capacity, artists of any stripe, are inspired by their curiosity, by their desire to explore all quarters of life, in light and in dark, and reflect what they find in their work. Artists instinctively want to reflect humanity, their own and each other’s, in all its intermittent virtue and vitality, frailty and fallibility.

I have never been more inspired than when I watched Harold Pinter speak in a direct address to camera in his Nobel lecture in 2005. “Truth in drama is forever elusive. You never quite find it but the search for it is compulsive. The search is clearly what drives the endeavour. The search is your task. More often than not you stumble upon the truth in the dark, colliding with it or just glimpsing an image or a shape which seems to correspond with the truth, often without realising that you have done so. But the real truth is that there never is any such thing as one truth to be found in dramatic art. There are many. These truths challenge each other, recoil from each other, reflect each other, ignore each other, tease each other, are blind to each other. Some times you feel you have the truth of a moment in your hand, then it slips through your fingers and is lost.”

Big talk for someone in a silly superhero film, I hear you say. But superhero films offer a shared, faithless, modern mythology, through which these truths can be explored. In our increasingly secular society, with so many disparate gods and different faiths, superhero films present a unique canvas upon which our shared hopes, dreams and apocalyptic nightmares can be projected and played out. Ancient societies had anthropomorphic gods: a huge pantheon expanding into centuries of dynastic drama; fathers and sons, martyred heroes, star-crossed lovers, the deaths of kings – stories that taught us of the danger of hubris and the primacy of humility. It’s the everyday stuff of every man’s life, and we love it. It sounds cliched, but superheroes can be lonely, vain, arrogant and proud. Often they overcome these human frailties for the greater good. The possibility of redemption is right around the corner, but we have to earn it.

The Hulk is the perfect metaphor for our fear of anger; its destructive consequences, its consuming fire. There’s not a soul on this earth who hasn’t wanted to “Hulk smash” something in their lives. And when the heat of rage cools, all that we are left with is shame and regret. Bruce Banner, the Hulk’s humble alter ego, is as appalled by his anger as we are. That other superhero Bruce – Wayne – is the superhero-Hamlet: a brooding soul, misunderstood, alone, for ever condemned to avenge the unjust murder of his parents. Captain America is a poster boy for martial heroism in military combat: the natural leader, the war hero. Spider-Man is the eternal adolescent – Peter Parker’s arachnid counterpart is an embodiment of his best-kept secret – his independent thought and power.

Superhero movies also represent the pinnacle of cinema as “motion picture”. I’d like to think that the Lumière brothers would thrill at the cat-and-mouse chase through the netherworld streets of Gotham in The Dark Knight, with helicopters tripping on high-tensile wires and falling from the sky, and a huge Joker-driven triple-length truck upending 180 degrees like a Russian acrobat. I hope that they would cheer and delight at the rollercoaster ride through the skies of Manhattan at the end of Avengers Assemble. These scenes are the result of a creative engine set in motion when the Lumières shot L’Arrivée d’un Train en Gare de la Ciotat in 1895. The trains just move a lot faster these days. And not just trains; trucks, bikes, bat-mobiles and men in flying, shining iron suits. The spectacle is part of the fun – part of the art, part of our shared joy.

How far I hope we have come since the judgment of Christopher Reeve’s peers. Maybe playing superheroes isn’t such an ignoble undertaking after all. “I still believe in heroes,” says Samuel L Jackson’s Nick Fury in Avengers Assemble. So do I, sir. So do I.

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