J’ai repoussé ma visite du domaine de Chaumont-sur-Loire, pensant qu’il s’agissait d’un petit bâtiment affublé de jardins à la française. J’avais tort, et je regrette de ne pas m’y être rendue plus tôt !
Situé entre Blois et Amboise, le domaine de Chaumont-sur-Loire est un monument médiéval emblématique du Loir-et-Cher, classé Monument historique depuis 1840. Construit au XVe siècle par la famille d’Amboise, il passe entre les mains de Catherine de Médicis, qui le troque contre Chenonceau avec Diane de Poitiers. Aux XVIIIe, il devient une manufacture de céramique. Au XIXe, Marie Say et le prince de Broglie y font bâtir les écuries les plus luxueuses d’Europe. Vendu à l’État en 1938, le château de Chaumont-sur-Loire abrite aujourd’hui le célèbre Festival International des Jardins, qui attire des visiteurs du monde entier.
à la fois forteresse médiévale et joyau de la Renaissance

La silhouette imposante du château vue de l’entrée avec son double pont-levis. 
Symbole d’union : initiales entrelacées gravées dans la pierre. 
Mobilier d’époque : coffre recouvert de tissu et cheminée décorée de chenets. 
Série de médaillons en argile représentant des visages sculptés en creux et en relief. 
Une salle historique du château avec sa grande cheminée sculptée et des tapisseries murales. 
La Loire serpente paisiblement au pied du château de Chaumont. 
Portrait en pied d’une femme élégante, peint dans le style classique. 
Un salon raffiné avec canapés et fauteuils aux tissus verts, élégamment agencé. 
Chef-d’œuvre architectural : tour abritant l’escalier hélicoïdal du XVe siècle dans la cour du château. 
Les vitraux de la chapelle, réalisés en 1888, intègrent des scènes historiques de la famille Chaumont-Amboise. 
Sculpture spectaculaire d’une éléphante en équilibre, exposée dans les anciennes écuries.
Ce fort de la Renaissance aux tours rondes est remarquablement conservé. Les toits d’ardoises en poivrière semblent en effet avoir été posés hier. Et, bien que certains planchers et les marches de l’escalier hélicoïdal commencent à montrer des traces d’usure, il comporte par ailleurs des carrelages en bon état et des murs propres. C’est assez rare pour être souligné (au moins deux fois en gras) !


Les collections d’objets et les meubles ne sont pas en reste. En effet, on peut y admirer de très belles pièces. Je pense notamment à la malle dont le mécanisme de fermeture est digne du compagnonnage.
Parlons d’ailleurs tapisseries : elles sont nombreuses, immenses mais, malheureusement, fânée. Les portraits et tableaux, par contre, sont en excellent état. Quant aux meubles, ils rivalisent de somptuosité.

Un domaine mêlant patrimoine et art contemporain
Chaque année, le Centre d’Arts et de Nature du Domaine de Chaumont-sur-Loire invite des artistes internationaux à exposer des œuvres inédites en résonance avec la nature et les lieux. Réparties sur les 32 hectares du domaine, ces créations échelonnent un parcours poétique et imaginatif. Certaines installations deviennent pérennes, s’intégrant harmonieusement au paysage.
L’édition 2025, inspirée par le thème du conte, explore les mythes à travers des œuvres captivantes. Poétique de la ligne, de Fabienne Verdier, est une étude du mouvement à travers la peinture, faite de grands traits de pinceau ou de coulées liquides versées directement sur la toile. Dans le parc, les œuvres d’Olivier Leroi, avec leurs jeux de miroirs dissimulés dans la végétation, créent une impression fascinante de portails ouverts sur d’autres mondes. J’ai également été séduite par la sculpture colossale de Daniel Firman, une éléphante en équilibre sur sa trompe installée dans les écuries. Les de Broglie avaient en effet acheté une éléphante de deux ans, avant de l’abandonner car elle engendrait trop de frais. Quant aux œuvres exposées dans le château, certaines m’ont plu, d’autres moins, comme toujours en art contemporain.
Le Festival International des Jardins 2025 nous conte fleurette
Rendez-vous majeur du domaine de Chaumont-sur-Loire depuis 1992, le Festival International des Jardins réunit chaque année des artistes du monde entier autour de l’art paysager. L’édition 2025 nous entraîne dans un univers féérique inspiré des contes, et nous immerge dans des scènes à la fois ludiques et poétiques.

« Rapsodie Himalayenne », ode aux montagnes sacrées de l’Himalaya, allégories glaciaires et miroir introspectif. 
Baleine de L’Odyssée – installation miroir 
Le Jardin de l’Odyssée évoque le voyage d’Ulysse avec houles florales, chardons bleus et créature aux écailles-miroirs. 
Petit jardin aménagé devant un banc, propice à la pause et la contemplation. 
Fleur rose délicate, symbole de la beauté fragile et poétique du parc. 
La digitale pourpre, magnifique plante forestière réputée pour sa toxicité. 
Un éclat de lumière tamisée traverse le feuillage, créant une ambiance mystérieuse.
Chaque alcôve du parc abrite un récit mêlant installation artistique et tableau végétal. Chaque méandre de cet espace labyrinthique se transforme en œuvre à part entière : jardin zen, jungle tempérée, plateau de jeu à taille humaine… Ce fût pour moi l’occasion de retrouver mon âme d’enfant, ravie de bondir de case en case dans le jeu de la Mère l’Oye, de faire retentir les cloches himalayennes, de glousser de bonheur lorsqu’une machine soufflait sur les nénuphars sa brume mystérieuse. Malheureusement, je n’ai pas eu le temps de visiter tous les replis de cet origami sensoriel, ni les jardins permanents du parc. Je recommande donc une visite sur a minima deux jours !
Conclusion : le domaine de Chaumont-sur-Loire est un site exceptionnel, à revisiter sans fin
Pour moins de 30 €, j’ai eu accès à un château magnifique, trois parcs et à des dizaines d’expositions artistiques. Si j’avais su, j’aurais fait de ce domaine ma résidence principale !

Je retiens, entre autres découvertes, le rosier Hedge Charmers (c) du château de Chaumont-sur-Loire. Plus fragrant encore, le Parfuma (c) Catherine de Médicis, à l’envoûtant arôme citronné, est désormais sur ma liste de souhaits.













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